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Cherchez l’intrus

Samedi 12 et dimanche 13 février 2022 après midis, la commune de St Clément de Rivière organise ses « Paroles d’auteur(e)s ». Cherchez y l’intrus.

Serait-ce « Les étrangers du Val de Londres » que je présenterai sur un stand?

Ou 2 Américains?

John STEINBECK présenterait-il « Tendre jeudi » que je trouve très bien?

Ce court roman est un autre conte auquel Steinbeck nous invite. Après la lutte du bien contre le mal dans « À l’est d’Eden » (qui lui valut un prix Nobel bien mérité), après la préservation de l’idiot Lennie incapable d’affronter les pièges de la vie (quitte à le tuer) dans « Des souris et des hommes », Steinbeck montre la force, la puissance d’un amour entre 2 êtres que tout parait opposer : Doc le savant et Suzy la prostituée. Doc met très longtemps à reconnaitre cet amour pour ce qu’il est; enfermé dans son laboratoire de la rue de la Sardine, il est la référence des petits malfrats de cette rue. La force incroyable de l’auteur, ce sont ses personnages , de véritables archétypes : Mack le petit voyou ingénieux; les épiciers près de leurs sous, la patronne du bordel local, Joe l’élégant, etc. Le style est rugueux, j’ai eu du mal au début. Le lecteur se laisse mené par la bande de fripouilles et ne perçoit qu’en deuxième partie l’amour sincère et inattendu, venant d’une prostituée, envers un savant célibataire endurci.

J’en extrais ces morceaux choisis qui me paraissent remarquables et de grande portée générale :

P 28 « Comment cela commença-t-il (se demande Doc) Il fait chaud et pourtant on frissonne. On a aimé et pourtant on cherche désespérément d’autres amours. Et pour couronner tout cela, il y a le temps. La fin d ela vie n’est pas si loin, on peut la voir comme on distingue la ligne d’arrivée lorsque l’on débouche dans la ligne droite; L’esprit s’interroge…Ai-je assez travaillé?Ai-je assez aimé?C’est la plus grande malédiction d l’homme et peut-être sa grâce parfaite. Qu’a représenté ma vie jusqu’à présent et qu’en ferai-je pendant le temps qui me reste? Et puis arrive le trait empoisonné : comment serai-je noté dans le grand livre?..Les hommes sont nés avec une dette qu’ils n’arriveront jamais à payer, quoi qu’ils fassent.La dette fuit devant eux. S’il veut ignorer sa dette, l’homme gâche sa vie; s’il essaie de la rembourser, la dette ne fait que croître. C’est la qualité de ses dons qui sert à mesurer l’homme ». 

P101 : « J’ai connu des femmes, elles étaient allergiques à l’eau de vaisselle. Un gars épouse une fille, il se met à gagner de l’argent, sa femme tombe malade. « 

P 141, conseils de Fauna la mère maquerelle à sa nouvelle pensionnaire, Suzy : « On apprend à se taire comme on apprend tout le reste. Maintenant, il y a aussi les idées. En général, on jette ses idées à la tête des gens. Eh bien Suzy, nous n’avons pas d’idées. Nous ne faisons que répéter ce que nous avons entendu au cinéma. Nous sommes trop pressées d’exprimer nos idées , donc ne jette pas tes idées  à tort et à travers parce que tout compte fait tu n’en as pas. Ensuite, prends à écouter. On ne sait pas écouter alors que c’est si facile. Pendant qu’on écoute, on ne fait rien d’autre. C’est très intéressant. »

P 147 « Suzy venait de faire une découverte. Lorsqu’on n’est pas sûr de quelque chose, il faut agir lentement. Dou-ce-ment…Cela donnait un sens à chaque chose, chaque geste devenait noble À faire chaque chose lentement, en freinant sa vivacité naturelle, elle ressentait une sorte de sécurité nouvelle »

P 155 « L’homme est le seul animal qui pose son propre piège, l’appât et s’y fasse prendre »

P 198 « J’étais toujours furieuse contre tout le monde, mais je me suis aperçue que c’est à moi que j’en voulais. Quand je serai amie avec moi, peut-être que je pourrai être amie avec les autres ».

P221 « Tout fait partie de quelque chose, le bien et le mal. Existe -t-il des femmes et des hommes qui ne possèdent en eux le bien et le mal?…Tu sens cette brûlure? C’est de la colère. Veux tu la laisser sortir? Ou veux-tu qu’elle t’empoisonne jusqu’à te rendre malade? »

 

À moins que’Henry James nous rende visite avec « L’américain » (420 pages)?

Pour décrire les impressions d’un américain à Paris, qui de mieux qu’un Américain? Car James est né à New Yort en 1843 et séjourne à Paris  en 1875 avant de visiter l’Italie puis d’émigrer à Londres où il meurt en 1916.  Ce roman est un peu long bien sûr et écrit sans beaucoup d’espace. Newman est encore jeune lorsque, fortune faite, il décide de visiter l’Europe. Il aime Paris et envisage de chercher une épouse. La belle comtesse de Cintré, veuve, lui plait en tout point. La famille de Bellegarde, une vieille famille noble, lui fait sentir la différence entre leurs univers respectifs. Il persiste. Les préjugés de classe auront raison de sa volonté.

Beaucoup de nuances, très bien écrit mais long. Moyen, au final.

À vous de trouver. Le mieux serait de venir au nord de l’ Hérault, salle Frédéric Bazille, au coeur de collines boisées