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mes lectures, mes avis

Sur mon blog sur Instagram, « mes_lectures_mes_avis », je donne mes avis sur des lectures récentes, aimées ou détestées, rarement entre les deux.

Paule Constant : « C’est fort la France »

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C’est fou le nombre d’auteurs de talent que je ne connais pas. Paule Constant en fait partie, bien que plusieurs de ses romans aient été couronnés par des prix ( dont le Goncourt!). « C’est fort la France » est un très bon roman. D’une écriture classique et fluide, plein d’humour, il met en scène une romancière. Une inconnue lui reproche de s’être moquée des charmes de la vie coloniale, dans son dernier livre. Cela se passait dans un coin perdu du Cameroun d’avant l’indépendance.Cette femme de l’administrateur commandait 10 boys, recevait, elle représentait la France dignement. A la mort de son époux, elle n’est plus rien: les boys la quittent, la France ne reconnaît p as le décès comme lié aux fonctions, sa famille normande n’en veut plus…Elle se renferme dans une suite de chambres de bonnes au 6e sans ascenseur. Elle meurt sans les honneurs du pays, seule et misérable.

Évocation, triste mais traitée avec humour,  de la France en Afrique, au temps de la colonisation.

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J’ai place ce livre sur la cuvette des WC, ce n’est pas trop mon genre, mais c’est celui de l’auteur, son écrit est puant. Sur le fond d’abord : il raconte ce qu’il dit être son enfance ( son frère et ses parents démentent), avec des mots crus que je n’ose pas reproduire, parmi lesquels plusieurs ont des rapports directs avec le support sur lequel repose le livre, qui n’est donc pas un roman mais un récit autobiographique. c’est nauséabond; 70 pages m’ont écœure.Sur la forme, c’est lourdingue ; beaucoup trop d’adjectifs a mon goût, places a des endroits qui me gênent dans la phrase. Et des subjonctifs prétentieux, je trouve. Bref, j’ai détesté cet ouvrage. Dire que l’auteur s’érige en critique littéraire extrêmement violent envers les auteurs invités!

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J’ai assisté en début d’année à une conférence d’une des fondatrices des éditions Verdier, cet éditeur audois distribué partout en France. Leur couverture jaune est reconnaissable dans les vitrines. Récemment, le libraire d’une très belle librairie montpelliéraine m’a conseillé cet ouvrage, après m’avoir interrogé sur les goûts. Me suis je mal exprimé ? A-t-il cru qu’un auteur était forcément amateur de romans puissants? Toujours est-il que je bataille avec ce roman de près de 400 pages depuis ….plusieurs semaines. Je l’ai lâchement abandonné, je l’avoue, je n’accrochais pas. Après un long moment, j’ai repris ma lecture depuis le début. C’est complexe en effet. Je ne désespère pas de le finir et surtout de….comprendre quelque chose que je ne fais aujourd’hui qu’
Voilà, j’ai terminé ce roman de presque 400 pages. Oui, j’ai peiné dans les 100 premières. Je ne comprenais rien à cette histoire de composition musicale commandée par un directeur de salle très influent à un jeune compositeur fauché. Ce Nubla considérait que l’art était l’unique voie vers l’immortalité (p187). Il exigeait, tenez vous bien, que la partition soit une image de sa vie (P210). Pour lui, « le rêve et l’art effacent nos fautes et nous rendent notre innocence » b(247). José mit longtemps à découvrir de quelles fautes il parlait si vaguement. L’un des problèmes était que José avait une ouïe si fine qu’il entendait tout et que le moindre bruit lui causait d’affreuses migraines.La partition l’obsédait, « elle s’infiltrait dans ses rares moments de sommeil, dans ses pensées et dans les bruits de son corps » (283) . La partition continuait à croître et « à se nourrir au dedans de lui, indépendamment de sa volonté (312). Peu à peu Nubla se confie : « une soif insatiable s’est emparée de moi dès que ma mère nous a abandonnés »(343). Son ami d’enfance Grégorio met José en garde : il va détruire ton âme lui dit-il et s’emparer de ta jeunesse. Il en sait quelque chose, le pauvre; lui aussi a, très jeune, était acculé à l’abime par Nubla qui était tombé amoureux du garçon puis de sa soeur Iréne. Le premier, il l’a fait attaquer par ses chiens énormes dans la forêt de son domaine; la seconde, il a brisé la carrière de cantatrice qu’il lui avait fait miroiter. Une histoire pareille ne peut pas bien finir : Nubla devient fou; Grégorio se venge en l’assassinant; et José ne peut plus rien écrire, son équilibre se lézarderait s’il le faisait. Roman complexe, personnages creusés, histoire démente « dantesque »; je n’en sors pas indemne; je crois, oui, que le libraire avait raison : c’est un libre de qualité, original, d’ une profondeur rare.
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Je suis parfois influencé par les impressions que je retire d’interviews d’auteurs célèbres, surtout télévisuelles. En bien ou en mal. Avantage ou handicap dont ne pâtit pas la lecture des classiques.
Sa mine triste, sa peau fripée, son air vaguement méprisant, désabusé en tout cas, son machisme, ses obsessions sexuelles, son pessimisme m’avaient déplu. Pourtant j’ai apprécié le dernier Houellebecq : « Setonine ». Malgré la permanence de ses opinions droitières, son pessimisme, malgré ses descriptions crues de fantasmes ou passions sexuelles, malgré des longueurs (p84 plan de Paris, 85 les cafés, 86 les salades, 220 les techniques de la pêche à pied etc…). Malgré tout ça car il a un style extrêmement fluide ; ce livre est un long monologue, le lecteur entend l’auteur; de longues phrases, comme dans une conversation. Le narrateur ( puissance du je) décrit sa trajectoire qui le conduit de galipettes multiples (la femme n’est qu’un moyen de jouissance au début) vers l’amour qu’il perd en la trompant, puis la culpabilité et, finalement , le désespoir.
Peu d’intrigues mais ça passe.
De ci, de la, quelques opinions sont envoyées : pas d’amour sans sexe ( p205), fin programmée du métier d’agriculteur( 253 et s), «  il y a des automatismes à peu près pour tout » p263, la fatalité ( «  qu’est ce que nous pouvons à quoi que ce soit »). bref, je suis tout surpris d’avouer que j’ai aimé ce roman, pour le style surtout , même si j’en sors sali en quelque sorte.